Le réflexe pavlovien de la commission européenne

Publié le 22 Mars 2009

L’affaire de la "relocalisation" supposée de la construction d’un véhicule de sa gamme par Renault est doublement révélatrice.

 

D’un côté, un gouvernement qui tente, non sans maladresse, de s’octroyer le bénéfice médiatique d’une décision interne et stratégique prise par une entreprise importante faisant référence dans le secteur, tant malmené, de l’automobile. Ainsi, Luc Chatel s’est un peu précipité en annonçant le "rapatriement" dans une unité de production de la région parisienne "d'un véhicule jusqu'à présent réalisé hors de France", en l'occurrence la Clio II actuellement assemblée en Slovénie. Cette décision permettant au Secrétaire d'Etat d’affirmer que le plan français d'aide au secteur automobile commençait à porter ses fruits. Il semblerait qu’au gouvernement, on soit désormais prêt à faire feu de tout bois pour présenter, même à tort, toute décision d’entreprise qui pourrait être interprétée comme un premier résultat du plan de reprise français pour lutter contre la crise économique et financière. Mais, pour le coup, le secrétaire d’Etat, en faisant sa déclaration, s’est plutôt inscrit dans le registre de l’intox que dans celui de la réalité. Apparemment, un peu de démagogie ne nuit pas dans ce monde de bruts pour tenter de faire remonter une courbe de popularité présidentielle toujours dans le rouge.


De l’autre côté, une commission européenne qui, dans un réflexe pavlovien et par la voix d’un de ses porte parole, s’empresse, à la simple évocation du terme "relocalisation", de "demander des explications aux autorités françaises" 
 estimant "étonnant" que Luc Chatel fasse des déclarations semblant "en contradiction totale" avec les engagements de la France. Ainsi, la commission européenne ne se manifesterait pas lorsqu’une entreprise française déciderait de délocaliser, hors de ses frontières, une partie de sa production mais serait sur le pied de guerre dès lors qu’une décision inverse serait prise. On voudrait dégoûter les français de l'idée européenne que l'on ne s'y prendrait pas autrement.


Résultat, toutes les parties prenantes à l’affaire ont dû s’employer à se justifier dans un exercice de contorsionniste plutôt délicat pour faire dégonfler rapidement la polémique. Ainsi, le gouvernement s’est muré dans le mutisme du pompier pyromane qui ayant mis le feu tente désormais d’en limiter les effets collatéraux prenant conscience de la difficulté dans laquelle il a mis une entreprise française. Renault a aussitôt affirmé qu’il s’agissait d’une décision interne qui était dans les cartons avant la crise et dont la prise d’effet n’a, par conséquent, aucun lien avec le plan de relance français (quel camouflet pour Luc Chatel !). Enfin, c’est José Manuel Barroso, président de la commission européenne, qui a dû monter au créneau pour finir d’éteindre l’incendie en affirmant que toute cette agitation de la commission européenne ne résultait que d’un malentendu puisque, entre temps, il avait reçu la confirmation que "la société en question pensait à augmenter sa production en France sans, pour autant, abandonner sa production dans un autre pays ». Ouf ! On est rassuré : les règles de la libre concurrence au sein de l’Union n’ont pas été contournées et tout le monde (à part, Luc Chatel pris en flagrant délit de démagogie politicienne) a sauvé la face.


Sauf que cet épisode est symptomatique du rôle de tutelle qu’entend jouer la commission européenne sur les nations de l’Union européenne. C’est la politique du bâton dès lors qu’une décision est considérée comme une entorse au dogme de l’ultra-libéralisme. Alors que le rôle de l’Europe devrait être d’aider les pays qui la composent à lutter contre la mondialisation, c’est au contraire la mondialisation qu’elle instaure comme un modèle économique, quitte à participer à la déstructuration des tissus industriels nationaux. C’est bien contre une telle dérive que s’inscrit Debout La République en proposant, dans le cadre de sa campagne pour les élections européennes, de supprimer la commission européenne au profit d’agences thématiques de coopération entre les pays européens.

Pascal BILLAT
Chargé de Mission

Rédigé par DLR 24

Publié dans #Elections européennes

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M
Et pendant ce temps là ...........<br /> Des voitures électriques Renault pour un projet israélien<br /> <br /> Des voitures électriques Renault pour un projet israélien<br /> <br /> Le DG de Renault-Nissan Carlos Ghosn. Le constructeur a signé un accord en vue de la production industrielle de voitures électriques s'inscrivant dans un projet d'inspiration israélienne de développement de sources d'énergie alternatives. /Photo d'archives/REUTERS/Yuriko Nakao<br /> Vos outils<br /> <br /> * Imprimez<br /> * Réagissez<br /> * Classez<br /> <br /> * Partagez sur Delicious<br /> * Partagez sur Facebook<br /> * Partagez sur Digg<br /> * Partagez sur Wikio<br /> * Partagez sur Twitter<br /> * Partagez sur Blogmarks<br /> * Envoyez à un ami<br /> <br /> JERUSALEM (Reuters) - Renault-Nissan annonce avoir signé un accord en vue de la production industrielle de voitures électriques s'inscrivant dans un projet d'inspiration israélienne de développement de sources d'énergie alternatives.<br /> <br /> Le DG de Renault-Nissan Carlos Ghosn a dit que des véhicules électriques seraient disponibles en Israël à dater de 2011.<br /> http://www.debout-la-republique-24.com/article-29325556-6.html#anchorComment
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P
C'est un autre problème de la bureaucratie .... Comment tous les justes, mais ne peut pas être résolu ...
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